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9月20日 Terre-îleS'agit il d'une île ? si c'est le cas, sous quels cieux, à quelle latitude, chauffée par quel soleil ? quelqu'un a-t-il été vivifié par ces alizés ? faites savoir, comptez vous !
Le vent traversait cette terre-île sans disperser aucun embrun. Point de mer pour franger d’écume quelque côte ; à Travers les vallées sauvages ou les steppes immenses Aucun appel du large à entendre. A ses massives portes de bronze La cité avait doublé ses austères fortifications D’un immatériel rempart de jaunes suspicions et Dans les maisons sans air fermentait Un glauque bouillon de fausses vérités. Les têtes, alourdies de confusion, Etaient bornées de falaises idéales, inexorables, Bruissantes de préoccupations d’officine, D’angoisses de tiroirs caisse, De rumeurs de vivier. Dans un tel lieu La brise marine n’aurait au demeurant Trouvé comme écho à son chant d’Eden Que de ces meurtrières fureurs Mijotées au fond de rêves troubles. Le vacarme des ambitions et des haines recuites N’était pas plus assourdissant que le silence complice Ignorant de l’injustice générale. Les hérauts truqueurs, voix serviles, Filtraient les idées et tressaient des statures A des héros chimériques. Le magister était le frère du bourreau ; Ils portaient tous deux bonnet carré et chasuble sombres. Les vigiles, regards ternes, prenaient des poses, Jonglaient de leurs cannes plombées, Filtraient les passants aux carrefours obscurs. Il n’était de lueur que pour éclairer Un grand livre de comptes et faire ombre à L’éclosion d’un quelconque espoir. L’ordre en lois avait scellé la voie du rêve. Et pourtant, discrètement, cet univers minéral Nourrissait une fougère vivace Qui déjà s’insinuait aux interstices de ces murailles Crayonnées par quelques hardis rêveurs. Les amoureux clandestins épelaient en vérités nouvelles Ces écrits ardemment jetés au hasard Et entre les pavés même de la place Où le gibet projetait son horrible géométrie Une verte mousse accueillait en son sein frais De petites fleurs, cœurs rougeoyants. Déjà l’air pernicieux devenait impuissant à assourdir Une musique aigrelette qui fredonnait un air vif. Quelque part s’annonçait le temps de l’Homme. Jean Baptiste 3月7日 Le temps qui passe... le temps qui vient.Petit mot pour passer le temps.
Le temps qui passe n’est qu’un cri Le temps qui vient susurre un à venir Frissons d’air frais Lambeaux blancs dans le ciel bleu Afflux de sève dans les veines des grands arbres Frénétiques langueurs dans le dégel fin février Car le printemps vient n’en doutez pas !
Jean Baptiste 3月5日 La remembranceLa remembrance... sur aucun dictionnaire. Créé pour l'occasion par moi, à partir de l'anglais 'remember' et à la suite d'un amer constat. Il y a en francais 'mémoire', qui évoque plus un contenu, voire une activité aléatoire, 'remémoration', avouez que c'est pas joli, et 'souvenir', trop événementiel, quelque soit le contexte ou l'acception. Je m'autorise en toute liberté -je suis adulte, en pleine possession de mes moyens et totalement apte à combler ce manque- à créer un mot dont personne ne contestera l'utilité. N'applaudissez pas ; lisez plutôt la suite.
La remembrance Je me rappelle est Matière éthérée Soumise à l’effet rebelle fusorer Quand le temps éloigne la chose et la cause Alors les rayons de la mémoire s’emmêlent En écheveaux et seuls subsistent Le cri la cicatrice ou La puissante joie Et la substance des pleurs de Margot avec Une rémanence de gentiane amère Et chère.
Jean Baptiste
PS : puisque j'y étais, j'ai créé un deuxième mot. Votre sagacité ne sera pas prise en défaut. 2月24日 La clandestine J'ai piqué ce dessin sur une planche d'Hugo Pratt. Je ne suis pas féru d'esotérisme bien au contraire et le vaudou m'indifère mais il y a là quelque choses qui me parle et tient du mystère et voilà les raisons de mon choix. Quand au voilier, la métaphore est transparente.
Je croise souvent élégante et furtive Une mince jeune femme de noir vêtue Son parfum hante mes secrètes coursives Et mon esprit son sourire ambigu.
Quand arrivera mon heure dernière Où devant ni derrière on ne regarde plus Sa main légère fermera mes paupières Et comme tout sort mon terme sera échu.
Là dans le mystère tremblant m’espèrent Des ombres incertaines, des faits révolus Qui comme moi dès naître embarquèrent Une passagère clandestine à leur insu.
Cela est dévolu à chacun de nous Du premier instant scellé du cri primal Dès lors discrets sur le sujet vous Et moi sommes, et insoucieux d’un fanal.
Ainsi dit une après midi Jibé pour avoir trop bien vécu.
Jean Baptiste 2月19日 Chanson de ma rue Prenez garde galvaudeurs d'espérance...
C’est un temps de mirages courus, D’un monde qui repasse sans cesse Des plats sans cesse réchauffés. Les bateleurs battent l’estrade Pour la bande vile des illusionnistes Et on nous refourgue fripées nos utopies, Ces incendies d’envies folles Qui embrasèrent l’univers Et font encor briller nos regards. Elles ébaudissent leurs cœurs pauvres, Ces gens ne savent rire que petitement. Yeux creux ils font boutique De nos rêves enchantés, draps multicolores Suspendus aux balcons de nos fêtes chimériques Et ce sont les pierres des édifices où ils trafiquent De l’avenir du monde de nos enfants. L’espace est rempli de roulements de tambours, D’un tintamarre où se perdent nos voix Où s’égare la raison des hommes. Une ligne de chiffres dans un livre comptable Porte l’avenir de gens dont la vie sera ornière et pendant ce temps, le CACARANTE Egrène sa litanie d’astronomie financière. Mais par moments une chanson sonne à nos oreilles Un petit air vengeur d’antan ; prenez garde vils marchands Qu’un jour il vous corne, sa musique Vous coupera la chique et je vous dis Il est temps il est temps et ça dit Et ça dit ‘Oui mais ça branle dans le manche Ces mauvais jours là finiront Et gare à la revanche Quand tous les pauvres s’y mettront’.
Jean Baptiste 1月10日 Tant d'objets
Tant d'objets... Une toupie magique, une tête caoutchouc pour ne pas laisser ses nerfs s'enpeloter, un crâne pour phrénologue hypocondriaque, une petite cuillère catapulte pour bataille de petits pois, un appareil pour muscluculteur acharné, une Bugatti à pédales pour conducteur frustré et un autogyre qui devrait permettre de prendre de la hauteur dans notre monde consomumériste où l'accumulation d'objets est censée corseter quelque angoisse existentielle... Cela vous paraît-il suffisant ?
Non ?
alors j'ajouterai ce petit texte.
Objets objets Vie pleine d’objets En principe pour aider A passer la vie Et qui voudrait d’une vie sans objets ? Lourd est mon cœur Et tendre Pour toi Pour nous Pour tous, frères humains Oscillants sur la sphère d’un temps vorace Notre avenir, nous le portons en nous même Et qui peut souhaiter l’éternité ? L’angoisse du vivre éternellement perpétuée ? Aucun objet n’y peut Ni le bateau ni la plus belle des voitures Ni l’avion qui laisse trace de sa route dans le bleu. As-tu le choix ? Tu dois tendresse dignité élégance . Et qui voudrait d'une vie sans objet ?
Jean Baptiste 1月5日 Quatrain pour commencer l'année
Singulière amertume d’une vie trop loin prolongée ? Tant de mondes tu as vu sombrer ! C’est en toi entre parenthèses, dans l’entre est ton être Dans l’entre avec ceux que tu as vu naître.
Jean Baptiste 12月20日 Sous marines
La chambre de mes petites filles est éclairée par un lampion lumineux qui tourne en révélant une bande de poissons de fantaisie... alors, fantaisie pour fantaisie j'ia pondu cette sous-marine
Monde merveilleux Plein de poissons de couleurs De rochers d’oursins d’eau émeraude de récifs De récits pleins de poncifs Chutes bouillonnantes Eau bleue sur le corail grenat Caresses de murènes Jeux de poissons clowns en bandes Au rythme d’orchestres de tortues Luth de crabes tambours et de poissons scies Musicales à la lueur du dernier reflet argenté du poisson Lune A l’heure où baillent les moules enthousiastes Tous sujets si beaux et si harmonieux que Le requin fasciné Beauté de la danse fatale Meurt de faim De laisser passer l’heure du repas.
Jean Baptiste 12月14日 Jour de grâce
Petit plaidoyer pour le bonheur
Oreiller de feuilles
Recueillies en tas pour
Encor ébloui de l’étreinte
Poser la tête et
Creux de l’épaule tendrement garni
Sourire à l’aimée
Puis dans le jeu de lumière verdie
De sous l’arbre au
Souffle de la brise bruissant
Abîmer son regard
Sur l’envers des feuilles avec
Au bord des lèvres
Un désir d'infini...
Là, n’est ce pas suffisant
Certains jours de grâce ?
Jean Baptiste 12月5日 Aurons nous le temps ?Pouvoir de l'image pour dire l'essentiel de notre rapport au temps, à nous, humains.
"Tic tac tic tac..."
Il s'agit là d'une pièce qu'expose Gloria Friedmann au musée Bourdelles
Salvador Dali ne fait-il pas de même ?
Montre molle
Cependant il faut raison garder. Il semble me souvenir que dans mon jeune temps on disait
"C'est bien beau tout ça... mais on ne va pas en faire une pendule"
Le temps le temps merde On nous a changé le temps ! Nous avions un temps simple et tout droit Qui nous laissait le temps de travailler… Si on voulait... Sans angoisse en tous cas. Le temps de manger de s’allonger dans l’herbe, De contempler la feuille à l’envers Dans ses mouvements Nés du rythme de l’air Du temps. Mais qu’a-t-on fait à notre temps d’antan ? Qui s’est permis ? Notre temps s’est tordu. Il s’allonge et se détend Comme élastique vibrant au doigt malicieux de l’enfant. Chacun a maintenant sa théorie. Vitesse durée célérité contraction De tout ça je ne sais trop rien. Qui y comprends que couic ? Trop compliqué pour moi en tous cas, Mais ce que je sais C’est maintenant la brièveté du temps. Merci monsieur Einstein ! Nous on voulait juste prendre le temps, Celui de rêver de contempler De s’assoupir à la méridienne, Le temps du jouir. On voulait juste prendre notre temps Pour avoir le temps Parce que même si on ne fait pas grand-chose Ça nous prend du temps Et que le temps, sans jouir passé… C’est du temps perdu !
Jean Baptiste 12月2日 Erreur de castingAmis croyants, ne vous alarmez pas... je ne veux blesser personne. Ma sensibilité d'humaniste matérialiste me l'interdit. Mais le fond de l'affaire est véridique.
Les vieilles femmes ne défileront pas En noires processions A genoux dans les rues du village. Les prêtres ne s’étendront pas Bras en croix Sur ce parquet de bois brut. Nul ne viendra quémander une faveur céleste Entre les murs de l’humble maison. Aucune prière Ne montera au ciel par la rustique cheminée. J’étais un petit garçon mené au lit sur le coup de dix heures. La fenêtre ouverte donnait sur la nuit noire. Elle entra au sein d’une bouffée fraîche montée du ravin Dans son nimbe de lumière sulpicienne auréolée Teint clair Robe blanche et manteau bleu ciel Et resta là une longue minute Suspendue en l’air Un index incertain tendu vers moi. J’étais un petit garçon prêt à tout Et je ne m’étonnais pas. Je la regardais, Cette peau si étrangère à toute moiteur Cette robe aux plis si immobiles Ces formes si suavement éthérées. Je n’y pouvais envisager boutons roses Sous le tissu au doux renflement du corsage Au sein des plis candides. Au bassin je ne pouvais imaginer, J’étais un petit garçon averti , Aucun mystère au lieu où les cuisses Se joignent au creux de l’humide toison. Je la scrutais. Son visage restait lisse. Elle me toisa une seconde encore. Au pli de sa bouche je lus... J’étais un petit garçon qui croyait aux mystères Mais non aux miracles... Décidément ce n’est pas lui Elle se tourna vers le vide Et disparut, Comme ça? Tout simplement. Plus tard on me dira Bien sûr Erreur de casting
Jean Baptiste 11月17日 C'était au temps où les femmes décidaientJ'ai dans l'idée de faire une plongée dans l'histoire sociale de notre humanité. Je propose donc à ceux qui visiteront mon blog un premier texte sous forme de poème qui raconte les aventures d'un affreux jojo -si antipathique ? je m'interroge... plutôt de son temps sans doute- d'il y a dix mille ans, c'est à dire de cette époque où le comble de la technique c'était de tailler des cailloux pour en faire des pointes de flèches. Nous avons fait mieux depuis, heureusement et malheureusement. Je regrette de ne pas avoir un talent de dessinateur. A vrai dire j'espèrerais que quelqu'un de moins limité que moi en ce domaine se trouve inspiré par mon projet. C'est ça qui serait bien. De faire oeuvre commune, je veux dire. Merci donc à ceux qui me proposeront une illustration. Jean Baptiste
Je dis Je suis ! Sous la bonne étoile aux cotés de mes frères J’ai enduré la douleur dans la maison des jeunes gens, Aiguilles en os sous ma peau, attaché au mât des révélations. Sans ciller, frère parmi les frères J’ai parcouru les espaces immenses L’arc à la main le hachereau de silex à la ceinture. Au soir flamboyant d’un jour lumineux Sur la pierre je me suis assis et j’ai avisé le monde Des jours et des jours, sans faim. Dans un brouillard bleuté la vision m’est venue. Mon Être Guide ! Il m’a apporté mon nom, Pacte avec le Grand Esprit scellé au sein de la Ronde des Esprits, ciment de mon peuple, Les Êtres Humains. Là, tout me parle, tout me regarde. Ma destinée. Lui et moi seuls ! Mon nom, le Grand Esprit le reconnaîtra au jour de mon passage Pour le territoire chatoyant des chasses éternelles. Mais il n’est pas temps. Au passage des grands troupeaux Revêtu de la peau du loup Je me glisse sous l’aurochs. De ma javeline je perce la panse de l’aurochs. De sa chair je garnis le garde-manger de la grande maison où siègent les mères. Je dis Je suis ! Tant de trophées sur ma couronne de plumes Dépouilles de l’ennemi. Aujourd’hui je suis le fier parmi mes frères guerriers. Je suis le fier parmi les femmes. Toutes me veulent. Toutes se disputent ma couche. Elles se disputent mes attentions ferventes, les nubiles. ‘Désordre’ Les vieilles crient, les délaissées protestent. Désordre par moi, Désordre sur mes pas, Désordre en moi. Crient ‘désordre’ les vieilles femmes. Elles salissent de terre mon écuelle Garnissent de chardons mes vêtements et d’excréments ma peau d’ours à tant de promises accueillante. Désespoir de mes frères jaloux, mes ruts ! Dépit des délaissées, mes ruts ! C’est la rumeur. Rumeur qui éteint les regards sur mon passage, Qui frémit autour des âtres, Parcourt les travées. Elle rampe le long des perches, palpite sous la couverture de peaux, hante jusqu’au faîte la grande maison, la rumeur. Ça m’est inconfort et ça m’est gloire quand, faussement invisible, je déambule dans le campement. ‘Désordre’. Jets d’os sur les jeunes nubiles qui quêtent mes attentions, me veulent Et sur moi quolibets invectives et cailloux. J'ai les oreilles qui résonnent de criailleries. Mes épaules sont meurtries par les bousculades et mon écuelle vide. Maintenant, terrorisées, leurs yeux pleins de regrets Les bienaimées désertent ma couche Et les autres me rendent la vie impossible. Mes oreilles sont pleines de rumeurs et mon cœur rit de ces simagrées Demain je prendrai mes armes, Demain, au terme de cette nuit, solitaire, je roulerai ma peau d’ours Sous les regards désolés des jeunes femmes de la grande maison. Demain je chercherai une autre grande maison Loin de ces femmes je ferai pénitence… ou bien… Avec mon arc et mes flèches, mon hachereau de silex Je fraierai en solitude les plaines en quête d’horizons nouveaux. La nuit, solitaire, roulé dans ma peau d’ours je plaiderai la sagesse… La sagesse ! La sagesse ? Et quoi ? De mon âge, de ma force, de ma destinée Ce brouet des reliefs du repas de la vie ? Ce triste plat du morose banquet où la vieillesse égrène sa cantilène rance ? Demain je verrai de quoi sera fait mon avenir. Altier ! Je dis… je serais ! Ainsi ! Kalliste
Femme Fatale Poursuivie par sa beauté Torse sculptural, cuisse large et ronde, sein altier La belle d’entre les belles se mit à rêver D’une eau de jouvence Elle courut pour plonger dans cette mer Et rejaillit à la lumière dans une gerbe d’écume Figée pour l’éternité dans son manteau de granit rouge Gentiment au fil du temps Le flot ourla d’un filet de mousse tendre Son mont de Vénus glorieux.
Jean Baptiste Bonbon à la fraise
De ces jours de 1968, mois de mai, Sur le pavé parisien bruissant de rêves, Par tes lèvres sur ma bouche scellé Ce goût de bonbon à la fraise… ma vie.
Jean Baptiste |
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