Jean Baptiste L... 的个人资料Espace perso de Manetta照片日志列表更多 ![]() | 帮助 |
|
|
11月1日 La course au diamant...C'est une fantaisie que je vous délivrerais en trois ou quatre épisodes. Une nouvelle du genre fantastique. Il y en aura peut être pour poursuivre jusqu'au bout.
Voilà... j'en rajoute une louche
Il paraît qu'il y en a qui en reveulent...
Pour ceux qui insistent
Devant moi il y a une maman, mains scellées à une barre de poussette. Marche vive, attentive. Moment privilégié où un bébé sourit aux anges et la mère qui n’a d’yeux que pour le petit visage à peine défripé enfoui dans la douceur des draps du landau. Je dépasse... bébé heureux vaut toujours un regard ! Bébé malheureux aussi d’ailleurs. La maman me sourit d’exposer son oeuvre quand je passe devant elle. Deux joggeurs en face, l’air méprisant pour le vulgum pécus qui ne jouit pas de leur forme ; ou qui n’a pas l’énergie pour y arriver. Frime de jeune cadre branché. De près un a le visage marqué, orbites assombries par un effort trop intense. Le rictus des lèvres, expression de volonté virile ? marque de fatigue ? le souffle rauque qui passe les dents découvertes appellerait l’attention du médecin de famille. Le plus jeune agite ses cannes maigres aux poils rouquins. Ils affectent de tenir discussion en courant. Mais les pieds lourds, énormes dans leurs trainings traînent sur le sol. Je dis, cruel : « Plus haut les genoux ! » Regards durs ; croisés puis disparus les Mimoun de square. Je marche sans trêve. L’asphalte noir est luisant du passage des engins de nettoyage. Au loin une voiture de pompiers... Pin-pon... Pin-pon... fait vibrer l’air frais du petit matin, clair déjà, puis plus près encore, tout près et dépasse dans un vacarme d’annonce de catastrophe. Dans ma tête un enfer sur deux notes puis c’est fini. Ouf, fini ! Je biche, il fait beau et frais, temps idéal pour jouer au rugby... Drôle d’idée, ai-je jamais joué au rugby ? Pas sûr, pas sûr... je m’informerai. Je m’approche d’un vieux monsieur, cheveux blancs, coiffure classe, costume bleu trois pièces classique, belle cravate et décoration au revers énorme comme un oeillet rouge sur canapé blanc. Je reconnais, Monsieur... merde c’est quoi son nom au juste... je le connais, je le connais... il est au Conseil Général des Ponts et Chaussées. De toute façon pas le temps de lui poser la question. Mon sixième sens... la voiture verte, là, suspecte...crissements de pneus au virage, une antenne énorme sur le toit. Du sombre volumineux s’agite à l’intérieur. Méfiance, c’est quoi ce demi tour en pleine voie, la vitre qui s’abaisse, les pneus qui sifflent derechef, ce tube noir secoué par on ne sait quelle frénésie maléfique, ces lueurs vénéneuses ? Pigé, j’ai pigé ! Il était temps. Je plonge derrière une haie basse ; les feuilles hachées me tombent dessus pendant que le tacatac rageur me fait serrer les fesses, piauler comme un poulet, me joignant au choeur des passants. Une masse sombre à vive allure, des cris aigus... la maman poursuit le landau qui lui a échappé. Potemkine sans les escaliers ! Le gazon est doux sous mon ventre liquide. Mais ce n’est pas une raison pour y faire une sieste. Urgence, urgence. Je me relève et je fonce. Je ne sais pas où mais je fonce. Le feu s’arrête. L’air ne vibre plus du sifflement des balles. Je me retourne. Rien. Plus rien. Ni bruit ni courses ni cris. Tout s’est arrêté. Sauvé ! Sauvé. Sauvé... Sauvé ? Une portière claque.
Le gars qui descend de la voiture est un petit mec. Il pose précautionneusement ses chaussures deux tons sur le trottoir et s'extrait comme à regret. C’est un dandy, un dandy en flanelle beige et feutre mou, apparemment plus attentif aux plis impeccables de son pantalon qu’à l’univers entier. Un petit mec élégant à l’air excédé qui tient un drôle d’engin avec un disque plat et noir et marche vers moi, sans se presser, comme l’inéluctable. Mais je le connais ce mec. Je deviens fou... Paul Muni. Putain ! La cicatrice, c’est Scarface ce mec. Il tient son engin soigneusement éloigné du veston croisé de son costume, pour pas salir, et s’avance vers moi, tragique, sûr de lui. Dans ses yeux, ma vie, ma mort ! et je ne l’attends pas les pieds dans le gazon je vous jure. Je place un démarrage de quarter-horse, les talons qui frôlent les fesses, les genoux qui cognent le menton, semelles à la limite de l’adhérence et motricité optimale. La musique des balles sifflantes ponctuée du tacatac des explosions me poursuit mais je cours je cours je cours je cours et de rares passants me regardent survoler le sol enjambées de trois mètres cinquante. Putain c’est fou ! Qu’est ce qui se passe ? Mais qu’est ce que j’ai fait ? Et à qui ? Pourquoi toujours moi ? Qu’est ce qu’il me veut, le Paul Muni ? Enfin ça se calme ! Une fameuse idée de me faufiler dans les massifs de buissons du jardin public, les Batignolles je crois, et de m’y évanouir comme dans un dédale... En tout cas le sosie de Paul Muni n’est plus là et c’est l’essentiel. J’ai eu mon compte d’émotions ce matin moi.. alors, une accalmie, j’apprécie. Je marche beaucoup plus tranquillement mais je cherche un endroit que je connais bien. Peut on jamais savoir ? Vous savez ce que c’est quand une journée commence comme ça !
............
Voilà, c’est là ! Le 273 avenue de Clichy... Il y a un ravalement en cours. Je prends l’escalier. À chaque étage je regarde par la fenêtre qui donne sur la rue mais je suis tranquille, il n’y a plus de danger. Troisième, quatrième étage, cinquième... Je jette un oeil par acquis de conscience et je vais continuer à monter mais là, la lueur verte dans l’angle du carrefour, mais c’est encore le Paul Muni. Coeur qui s’affole, là, vite, vite sur les planches des plates-formes, enfoui dans les nappes vertes des toiles de protection. Tout par un coup un bruit d’objet qui tombe par terre et le palpitant qui double les palpitations, directement au bord des lèvres, teintant d’un goût de sang la gorge encombrée par la chamade affolée. Là sur la planche c’est quoi cette lumière qui roule, brillante ? Du verre comme un gros oeuf de pigeon avec des éclats de lumière. Merde ! Un diamant ! D’où il arrive ? Il me semble comprendre le pourquoi du comment tout à coup mais quand même c’est bien la première fois que je vois ce caillou brillant. Et merde si on me laissait m’expliquer à la fin plutôt que de me tirer comme un lapin ? J’étais parti tranquillement pour faire ma ballade matinale moi ! Rien demandé à personne moi ! Et mon journal ? Même pas eu le temps d’acheter mon journal... Si ça continue comme ça, je ne l’ai pas encore lu mon journal. Mon journal que je lis au comptoir du Chien Qui Jappe tous les matins, en pyjama sous ma tenue d’intérieur ; me faire ça à moi, le plus pacifique des hommes. J’en tremble d’indignation... Bon, du calme, sinon ça va empirer. Le mieux c’est encore que j’embarque le machin. Ça doit valoir la fortune. Si je savais à qui le rendre ? Enfin... là, en sécurité, dans la banane qui me bat le bedon. Je pourrais toujours… je descends de l’échafaudage puis, bonne inspiration, je cherche s’il n’y a pas de sortie dans la rue par derrière. Une petite vieille, une antillaise aux cheveux blancs, me regarde par une fenêtre ouverte. Elle me fait un signe complice de la main m’indiquant une porte verte que je n’avais pas encore remarquée.
Je me retrouve à nouveau dans la rue. Je marche. Les carrefours succèdent aux carrefours, les rues aux rues et je ne fais même plus attention aux feux. Longue marche qui dure des kilomètres et des kilomètres. Il se passe un phénomène curieux. Est ce d’avoir échappé aux fusillades et aux pièges ? Je me sens heureux, sûr de moi. Rien de fâcheux ne peut m’arriver ! Je marche, je marche. Je passe devant des immeubles, des devantures de boutiques, je double et je croise des ménagères, des cadres pressés, des déménageurs de piano, des jeunes filles qui me sourient. Je marche et je marche encore sans souci et sans but... heureux, c’est tout ! A un moment je passe devant un immeuble moderne en retrait derrière son carré d’herbe. Je dépasse... mais quelque chose m’arrête. Je retourne sur mes pas en m’avançant sur la pelouse. Un mètre trente trois de long, quatre vingt onze centimètres au plus gros diamètre, un gros oeuf de verre taillé me fait de l’oeil crachant les trente trois mille milliards de milliards de kilowatts de la lumière du soleil par ses trente trois mille trois cent trente trois facettes. Il repose sur trois billes d’acier inox pour le caler. Ça me dit quelque chose tout ça ; mais quoi donc ? Quoi donc ? J’ai la tête comme une fourmilière, incapable de sortir quelque chose. L’énorme banane que je porte sur le bide m’irrite. Je la soulage un peu pour la caler mieux et puis... wouhaouhhh... j’y suis ! Là, niché dans ma mégabanane, la version originale de ce gros ovoïde. Du coup je vois sur le socle une plaque d’onyx noir avec une flèche dorée qui indique l’entrée de l’immeuble. Sur la flèche des caractères dorés qui me semblent d’un alphabet d’hiéroglyphes ésotériques. Je cède à l’invitation mystérieuse. Sur le mur du vestibule de l’immeuble une autre plaque noire avec un acronyme, quelque chose comme SOCIDI et au dessous en lettres de trois cent trente trois millimètres « DIAMANTS » avec une autre flèche indicatrice. Flèches après flèches le jeu de piste m’emmène dans un long couloir. Une porte latérale s’ouvre brusquement et… mais je m’en doutais… un jour comme ça… ça repart. De l’encadrement sort... putain pas possible qu’est ce qu’il fout là celui là ? §§§§§§§§§§§§§§§
Lee Marvin en personne, face en lame de couteau, rictus cruel, attitude assurée avec son revolver qu’il tient nonchalamment dans sa droite le balançant négligemment en équilibre du pontet à la deuxième phalange de son index. Aussi sûr de lui qu’un crocodile que vous croiseriez en barbotant votre brasse coulée dans la mare où il règne. Fatal ! Puis il parle. Et c’est à moi qu’il parle. Un feulement de tigre dans une crypte : « Tu as compris... Petit ? » Alors là je serais toujours fier de ce que je réalise, efficace et élégant. « Aide toi le ciel t’aidera... » Il me regarde interloqué puis, folie ? Assurance qui me vient de ce à quoi j’ai su échapper toute cette matinée qui n’en finit pas ? Détermination d’absence de choix ? Je me souviendrai toujours avec plaisir le visage sans pommettes qui tourne vers le plafond les yeux suivant la parabole que j’ai infligée à son flingot d’un revers de main, qui revient vers moi alors que, mon pied gauche comme dans un temps de tango se place derrière mon pied droit, l’ensemble en rotation fluide sur les pointes, l’envol du talon droit vers le menton de celui qui ne sera bientôt plus un adversaire et qui disparaît par l’encoignure de la porte béante en rebonds ridicules sur son postérieur. Bien ça, très bien, je me congratule. Mais alors encore sixième sens qui siffle une urgence. Et merde l’autre zigue qui se repointe avec son engin qui expédie dans tous les coins à la fois de l’espace trois cent trente trois mille trois cent trente trois balles minute... Pas le temps de discuter, une multitude de débris de projectiles cruels me cinglent la peau comme du gros sable sur une plage un jour de très grand vent et je me carapate sans réfléchir avec une technique que ne renierait pas le roi Carl. Course dans le couloir... zig zag zag zig pour esquiver la rafale qui s’affole... cours, cours, allonge, allonge les guibolles, là, la fenêtre ouverte au fond du couloir; du cran plonge plonge à travers/ Elan brutal, le corps à l’horizontale et les bras dans l’alignement tendus comme pour créer la route incertaine dans l’espace puis la belle courbe lente lente du plongeon et le plouf dans l’eau bleue d’une piscine providentielle carrelée d’azulejos et avec un léger décalage le plouf plus modeste d’un objet transparent à peine entrevu à deux mètres de moi. Et là je me souviens ce choc sur le bide au moment du passage à plat ventre par dessus l’appui de la fenêtre, la banane. J’ai perdu ma banane... et ce qui est tombé près de moi c’est le diamant. La poisse noire !
Je suis crevé, j’en ai marre... Allez chercher un diamant dans les trois mètres trente trois d’eau d’une piscine, vous ! J’ai plongé un temps inestimable à la recherche de ce qui me paraît mon seul sauf conduit dans ce monde de folie qui m’est tombé dessus et n’a jamais été le mien. J’en ai marre et je plonge, et replonge sans cesse, toussant, crachant et jurant après chaque plongeon. Rien à faire, je ne trouverai pas ! J’ai trop froid, je grelotte. Je m’arrête et me réfugie tout nu dans un petit bosquet de fougères monumentales en pot qui occupent la petite avancée dans l’eau de la piscine en haricot. C’est comme une petite presqu’île de sable et je m’y sens à l’aise et je pense introuvable sauf à me dénoncer moi même par une initiative malencontreuse. Tant pis pour le diamant ! Je m’installe là, dans ce massif de plantes exotiques et j’attends et bien malin qui m’y découvrira et m’en fera sortir. Je me déshabille. Juste en face de moi il y a une fenêtre ouverte à travers les feuilles. J’entends une femme qui chante. J’ai froid, j’ai faim, on m’a tiré dessus, coursé comme un lapin, mes vêtements sont en lanières et il suffit d’une voix de femme chantant pour que je me sente à nouveau heureux, fort, insubmersible. Les mains en coquille sur vous savez quoi je m’approche pour regarder et je vois une mince brunette penchée sur une table à langer qui fait des guili-guili à un bébé. Soudain la jeune maman quitte la pièce... Alors, mu par une impulsion incontrôlable je passe par la fenêtre. Le beau bébé sur la table à langer, je lui fais moi aussi des guili-guili ; il bavasse en riant et poussant des cris d’enthousiasme, me tend un index saliveux qu’il me fourre dans l’oeil quand je me penche sur lui. Oubliées les pistolétades les embûches et l’insécurité. Il rit à mes grimaces le bébé, puis me jette un regard torve ; sa moustache surligne un pli méprisant et cruel des lèvres et cet accroche-coeur noir comme une esse de boucher sur son front c’est quoi ça ? Il hurle « haut les mains » C’est monstrueux... et je me relève pour détaler et je lève la main pour lui pour lui envoyer une torgnole et soudainement mon hallucination prend fin. Disparus les bacchantes, la chevelure de gouape. Le bébé redevient un vrai bébé, rassurant comme un chaton ; il gazouille à nouveau et j’enfouis de bonheur mon mufle dans son petit bedon grassouillet en faisant des « brouhhbrouhh... » qui le font rire aux éclats et je me relève mon petit coeur fondant de tendresse. Il n’a jamais trouvé plus rigolo que moi ce poupard je pense mais à ce moment là j’entends un téléphone qu’on raccroche. Il est temps de détaler. Des talons aiguilles qui claquent sur un dallage. J’attrape une veste de pyjama motifs rayures bleues verticales qui traînait sur un dossier de chaise et je file le long d’un couloir.
???????????????????????
Et je me retrouve encore dans la rue les mains sur les pans de la veste de pyjama que je tire pour que soient couverts mes fesses et mon trésor et je marche de nouveau sans trop de tracas. Après tout ce qui m’est arrivé, ça relativise. Plus tellement grave de se balader presque cul nu ! Je ne sais plus où aller alors je marche tout droit devant moi mais j’ai faim, une faim de loup et l’odeur de beignets qui me précède ne fait rien pour arranger les choses. Je croise un gars qui tient dans les mains une espèce de couronne et quand j’y vois mieux ce sont des sfendj enfilés sur un jonc, des sfendj bien ronds, petits et bruns comme j’en mangeais à Khouribga et l’eau me vient à la bouche... Il y a une file d’attente. Je suis accoté depuis dix minutes au mur extérieur de la boutique dans une ruelle sombre. Il y a là dedans un gaillard qui s’active autour d’une bassine d’huile bouillante. Il y plonge de la pâte qu’il arrondit d’un mouvement circulaire et il sort des sfendj dégoulinants et j’attends... j’attends... Vivement qu’il me passe un sfendj par la fenêtre et je me tire ! un sfendj, c’est tout ce que je veux... Ça va bientôt être mon tour, je suis en face de l’ouverture dans la zone vaguement éclairée par une lampe à huile et je vois l’intérieur, une étagère au dessus de la table à pétrir avec un petit cochon en plastique rouge qui fait tic-tac de mauvais augure. J’ai faim. C’est long. Tic-tac-tic-tac importun qui énerve... on sait que le temps passe... que c’est long juste pour un beignet long long tic-tac-tic-tac-tic et puis la petite queue blanche tirebouchonnée du noufnouf se met à tourner frénétiquement pendant qu’il gueule « Crouiiiï...crouiiiï... crouiiiï... » et je sursaute coeur en émoi. Le préposé à la bassine aux sfendj prend le petit cochon en plastique pour mettre fin à sa frénésie mais alors là, le mur auquel je suis adossé se met à faire des vagues brutales, l’étagère en bois blanc se gondole, l’huile fuse de sa bassine et le servant des sfendj se met à psalmodier d’une voix de tonnerre « Yallah illaha ou Mohhamed rasoul allah... » et ses grandes dents blanches luisent dans sa bouche assombrie de barbe puis il jette son turban dans l’huile bouillonnante et commence une gigue démente les pieds dans ses babouches exposés aux énormes postillons d’huile brûlante...et moi je me dis « Putain de Bordel de Merde il ne manquait plus que çà ! Un tremblement de terre maintenant ! » et je me mets à courir pour sortir du piège de la ruelle, les deux mains toujours sur les pans de ma veste et çà suffirait mais mon trésor se met à perdre la tête, à enfler démesurément et passe par les intervalles entre les boutons... je repars courant et riant et une jeune fille que je croise me regarde en souriant et je ris toujours, nul, « Zézette qui fait sa coquette à la fenêtre », nul mais je ris comme un bossu en pensant : « La traque et la trique... » nul je vous dis, nul... puis une odeur de café s’impose.. Je passe justement devant un café, plus calme, le rire du moins j’entends ; çà sent bon le café je pense en m’allongeant à plat dos dans le carré d’herbe d’un petit square où je suis bien jusqu’à ce que la terre se remette à faire des siennes en se gondolant furieusement et je crie : « Voilà que çà recommence ! » Je veux me lever et je sens une douceur sur les lèvres, j’ai envie de siffler et quelqu’un me dit : « Eh bien tu es en forme ce matin toi... » Quelqu’un qui remonte une couverture sur moi. Douillet ; je me passe la main sur le ventre et je me souviens ; la banane, que j’ai perdue. Affolement jusqu’au moment où je me souviens : « Mais je n’ai jamais porté de banane moi ! » Alors je jouis de la tiédeur et encore la douceur sur mes lèvres puis je me réveille tout à fait. Ma biche au dessus de moi sourit : « Tu étais tout découvert ; tu n’as pas eu froid cette nuit ? » Des talons aiguilles qui résonnent sur le parquet et la porte d’entrée qu’on ouvre. Alors là je suis tout à fait réveillé quand j’entends : « N’oublie pas de faire les courses ! » et je me retourne en souriant avec sur mes lèvres le souvenir des lèvres de ma douce.
Jean Baptiste Lucchini
10月29日 Aux synapses, bloggersC'est pas dur dur
alors, à vos neurones et huilez vos synapses
Découvrir une phrase simple
qui est à la fois
-admonestation un peu sarcastique à l'ami inopportunément prudent
et
- titre d'un film... 10月20日 Ohé... je dis je suis
C'est une réétition pour peut être vous amuser... un jeune homme de nos époques qui vit intensément...
Je dis Je suis ! Sous la bonne étoile aux cotés de mes frères J’ai enduré la douleur dans la maison des jeunes gens, Aiguilles en os sous ma peau, attaché au mât des révélations. Ohé ! Sans ciller, frère parmi les frères J’ai parcouru les espaces immenses L’arc à la main le hachereau de silex à la ceinture. Au soir flamboyant d’un jour lumineux Sur la pierre je me suis assis et j’ai avisé le monde Des jours et des jours, sans faim. Dans un brouillard bleuté la vision m’est venue. Mon Être Guide ! Ohé ! Il m’a apporté mon nom, Pacte avec le Grand Esprit scellé au sein de la Ronde des Esprits Ciment de mon peuple, Les Êtres Humains. Là, tout me parle, tout me regarde. Ma destinée ! Lui et moi, seuls ! Mon nom ! Le Grand Esprit le reconnaîtra au jour de mon passage Pour le territoire chatoyant des chasses éternelles. Mais il n’est pas temps. Au passage des grands troupeaux Revêtu de la peau du loup Je me glisse sous l’aurochs. De ma javeline je perce la panse de l’aurochs. De sa chair je garnis le garde-manger de la grande maison Où siègent les mères. Je dis Je suis ! Tant de trophées sur ma couronne de plumes Dépouilles de l’ennemi. Ohé ! Aujourd’hui je suis le fier parmi mes frères guerriers. Je suis le fier parmi les femmes. Toutes me veulent. Toutes se disputent ma couche. Elles se disputent mes attentions ferventes, les nubiles. ‘Désordre’ Les vieilles crient, les délaissées protestent. Désordre par moi, Désordre sur mes pas, Désordre en moi. Crient ‘désordre’ Les vieilles femmes. Elles salissent de terre mon écuelle Garnissent de chardons mes vêtements et d’excréments Ma peau d’ours à tant de promises accueillante. Désespoir de mes frères jaloux, mes ruts ! Dépit des délaissées, mes ruts ! C’est la rumeur. Rumeur qui éteint les regards sur mon passage, Qui frémit autour des âtres, Parcourt les travées. Elle rampe le long des perches, palpite sous la couverture de peaux, Hante jusqu’au faîte la grande maison La rumeur. Ça m’est inconfort et ça m’est gloire quand, Faussement invisible, je déambule dans le campement. ‘Désordre’ Jets d’os sur les jeunes nubiles qui quêtent mes attentions, me veulent Et sur moi quolibets invectives et cailloux. J'ai les oreilles qui résonnent de criailleries. Mes épaules sont meurtries par les bousculades et mon écuelle vide. Maintenant, terrorisées, leurs yeux pleins de regrets Les bienaimées désertent ma couche Et les autres me rendent la vie impossible. Mes oreilles sont pleines de rumeurs Ohé ! Mon coeur rit de ces simagrées Demain je prendrai mes armes, Demain, au terme de cette nuit, solitaire, je roulerai ma peau d’ours Sous les regards désolés des jeunes femmes de la grande maison. Demain je chercherai une autre grande maison Loin de ces femmes je ferai pénitence… ou bien… Avec mon arc et mes flèches, mon hachereau de silex Je fraierai en solitude les plaines en quête d’horizons nouveaux. La nuit, solitaire, roulé dans ma peau d’ours je plaiderai la sagesse… La sagesse ! La sagesse ? Et quoi ! De mon âge, de ma force, de ma destinée Ce brouet des reliefs du repas de la vie ? Ce triste plat du morose banquet où la vieillesse Egrène sa cantilène rance ? Demain je verrai de quoi sera fait mon avenir. Altier ! Je dis… je serais ! Ainsi !
JB
10月18日 Qui a dit... ?C'est une devinette à tiroirs... et je peux vous assurer que tout le monde connaît le personnage en question. Ca devrait vous suffire.
Cet ancêtre aurait dit... 'ah bon... le Nobel c'est dans plus de cinq mille ans... C'est pas juste. Pour sûr de pour sûr, si c'est comme ça j'l'aurais jamais.'
Qui est ce personnage hors du commun ?
A quelle occasion aurait il prononcé ces mots ?
Quelle autre citation pourrait on lui attribuer ?
A quelle occasion ? 10月17日 A mon tour, les petites énigmesL’homme est fait - pour 90% de ce qui a déjà été fait, éprouvé, utilisé jusqu’à plus soif… ce que plus ou moins il sait ou croit savoir, - pour 10% de ce qu’il utilise, sait faire, - pour 1%... (remplissez le vide à votre idée) … et dites vous que je sais que ça fait 101%.
10月2日 Je fais mon La Bruyère
Il n’a pas mesuré ses talonnettes S’est cogné à tant de portes basses. Sa veste flotte sur ses épaules idéales Toujours trop large Il adore La salive lustrale L’odeur de cire Et d’encens. Encouragé par sa suffisance Alimentée par un déluge flagorneur Et intéressé Il s’est offert un pistolet métaphorique Et galamment A son premier essai S’est tiré Une balle dans le pied. Jean Baptiste 5月26日 Quo vadis omo ?
Vous êtes trop avertis des choses de la vie et vous le savez de longtemps. La belle saison venue, les grues les cigognes les hirondelles les martinets les guêpiers de Provence les papillons du Mexique et nombre d’autres espèces prennent leur envol dans la direction générale du nord. Ceux qui n’ont pas pu bouger sortent de terre mais j’en parlerai à une autre occasion. Bref à la digression donc et revenons à ces migrations qui, nous disent les savants, font partie de l’histoire du développement de ces espèces voyageuses et au fond tout ça est très compréhensible et très intelligent. En effet, le beau temps revenu, dans ces régions inhospitalières l’hiver, assure de doux moments tièdes et suffisamment de nourriture pour recommencer le cycle. Alors quel est la justification de ce que font les humains ? tout au contraire des autres espèces, le mois de mai à peine éclos, nous ne pensons qu’à migrer vers le sud et ses touffeurs. Qui connaît la raison de ce comportement ? un gène d’instabilité ? une mutation ? une vision aberrante de la réalité saisonnière ? je ne sais pas vous, mais moi, tout ça me tracasse et cette année j’ai décidé de faire quelque chose. Donc, ceux que ça intéresse trouveront peut être des éléments de réflexion, voire de réponses dans mon blog en conclusion d’une étude qui devrait durer trois mois. J’ai en effet décidé d’aller voir de visu –ne chicanez pas le pléonasme s.v.p- la question sur place et si le soleil n’a pas raison de mon énergie basique je rédigerai un début de développement qui sera disponible début septembre. Avouez que ma résolution est louable vu les risques encourus. L’été dernier encore je suis rentré –je vous jure, demandez à mes voisins si vous ne me croyez pas- à Paris tout brun de peau et amaigri que c’était pitié. Bon ! quitte à me répéter je vous dis donc ‘à septembre’. J’essaierai également pour votre édification de vous rapporter des photos de ce lieu de séjour studieux –une île- le plus au sud de notre beau pays.
Jean Baptiste 3月28日 dialogue plausibleVous penserez peut être à quelqu'un de précis. C'est vous qui l'aurez dit.
Monsieur brun
- Tellement de bruit pour rien... la montagne a accouché d'une souris.
Monsieur couronne paille de fer
- une souris... d'accord, une souris... mais quelle grosse merde elle nous fait !
Jean Baptiste 3月27日 tite histoireCette petite histoire pour aider Flo dans sa quête de logique du hasard et du destin.
X gagne sa pauvre vie à faire traverser le lac aux voyageurs. Arrive Y ; c''est un taleb, un instruit. Il porte barbe bien taillée et belle calotte brodée. Discute, dispute sur le prix, accord. Y s'installe commodément ; X prend les rames. Et en avant Fanfan -je dis ça pour rapprocher l'histoire de nous- parce que X et Y... avouez que ça manque de chair- jusqu'au tiers de la traversée ou Y, demande à X
- dis moi ,X as tu lu le grand livre ?
- non taleb... je suis totalement ignorant... je n'ai jamais pointé mon nez dans une classe...
- alors pauvre ignorant tu as perdu la moitié de ta vie...
X reste coi et continue à ramer. Au bout d'un moment
- X as tu appris l'histoire sainte ?
- non savant taleb... je suis totalement ignorant... je te l'ai déjà dit savant taleb je n'ai jamais pointé mon nez dans une classe...
- alors pauvre ignorant tu as perdu la moitié de ta vie.
X reste coi et continue à ramer. Au bout d'un moment.
- X as tu appris le droit religieux ?
- non savant taleb... je suis totalement ignorant... je n'ai jamais pointé mon nez dans une classe... je te l'ai déjà dit...
- alors pauvre ignorant tu as perdu la moitié de ta vie.
X reste coi et continue à ramer. Au bout d'un moment.
- X as tu appris l'histoire de notre bien aimé prophète ?
- non savant taleb... je suis totalement ignorant... je n'ai jamais pointé mon nez dans une classe...
- alors pauvre ignorant tu as perdu la moitié de ta vie.
Ramant ramant la barque est arrivée à la moitié du lac et X au bout de sa patience. C'est alors que Y
- dis moi X...
- non Y... maintenant c'est à moi de te poser une question... as tu appris à nager ?
Cette instrutctive historiette qui je l'espère vous fera profit a pour personnage central -le X- Jha, l'équivalent maghrébin du Ouin Ouin des suisses ou du Grosso Minutu des corses. Il arrive d'ailleurs à ces personnages pittoresques des aventures quasi identiques. Basgi a tutti. Ghjuan'Battistu
-
3月19日 Scène de la vie des halles de Paris dans les années cinquante
Il doit être entre quatre et cinq de l’après midi. Le repas au ‘Petit Chouette’ et deux heures de sommeil ont eu raison des fatigues de la nuit. Je suis jeune ; toute la masse des colis ripés ne pèse pas à mes épaules. Il n’est plus temps de dormir. J’ai rendez vous à Enghien les Bains avec deux amis de Khouribga, Nono Fedi et Gilou Lattard. Dans la glace j’ai ma propre image plus la fenêtre ouverte à l’angle d’une chambre que se partagent quelques unes de ces demoiselles qui se partagent aussi un petit bout du trottoir de la rue Saint Denis. Il y a une certaine rotation à laquelle je ne comprends rien. En plus de leurs petites mines provocatrices elles laissent, dans le couloir qui mène au mûrissoir de bananes de Barto, des kilos de revues à romans photos. Et elles ont un petit jeu. Elles attendent que je me pointe dans la chambre pour ouvrir la fameuse fenêtre en coin et me lancent, quand j’apparais dans le miroir, des regards incendiaires en découvrant de leur anatomie. Celle qui tient cette incertaine permanence aujourd’hui a de quoi dynamiter n’importe quelle vertu avec ses yeux à la Lauren Bacall. Il s’en faudrait d’une enjambée pour atteindre au paradis entrevu. Comme j’ai fini de me raser je pose et nettoie mon coupe-choux, me passe un peu d’after-shave, ferme ma fenêtre et passe dans le bureau si clair avec ses deux grandes baies qui donnent sur l’élargissement de la rue de la Grande Truanderie. Dans mon souvenir, sur le petit terre plein du carreau il y a une horloge mais je n’aurais au demeurant pas besoin de la consulter. Les grossistes des fleurs viennent de lever leurs étalages. Plus de mouvement devant le Pharamond ; au rez de chaussée le père Gaston a baissé le rideau depuis longtemps. Juste un chariot à la Crainquebille oublié par quelque porteur absorbé par une partie de dés dans le camion dont je ne vois que l’arrière, rue Pierre Lescot. La place qui réverbère la lumière et la chaleur de juillet est sèche de l’eau répandue par les voitures de nettoyage du marché et désormais vide de toute présence humaine, désolée comme un fond d’oued l’été. C’est presque insupportable, après l’animation qui a régné ici toute la nuit et le début de l’après midi du marché des fleuristes. Je m’écarte de la fenêtre pour retourner dans la chambre quand tout à coup une voix forte, qui se répercute en échos sur toutes les façades, envahit le petit local. Je retourne à la fenêtre du bureau pour voir ce qui se passe.
La petite place est pleine de gens ; un groupe de touristes, vingt ou trente, alignés en cercle presque parfait sur le petit triangle du carreau de la Grande Truanderie. Ils ont un guide avec eux. Impérial comme aurait pu l’être Louis Jouvet il indique un emplacement vague sur le pavé inégal en racontant que, à cet endroit, dans le passé moyenâgeux, il y avait un puit que l’on appelait le puit d’amour. Et les bons touristes, en rond, le nez au ras du pavé gris fixent attentivement le très approximatif lieu devenu symbolique d’une époque révolue historique et pittoresque. Sans doute Esméralda a-t-elle dansé sur ces pavés. La voix forte avec tout le jeu d’inflexions qui appellent et retiennent l’attention, maîtrise professionnelle pouvant flirter avec la dimension ludique, et ces bons germains lèvent la tête avec un bel ensemble et dans un alignement parfait des nez pointés vers un point irrépérable de l’espace, dans la direction approximative indiquée par l’index du guide –physique, allure et voix, on jurerait Louis Jouvet avec la gouaille de Philippe Clay- au bout de son bras tendu, et écoutant attentivement un commentaire traduit par l’accompagnatrice interprète en allemand, voix bizarrement fluette du coup. Il est question d’une échauguette maintenant absente puisque détruite au treizième siècle par je ne sais plus qui ni dans telles circonstances. Mais les touristes regardent. On ne sait jamais ! resterait il de cet improbable élément architectural –on a la tête aux romans, à l’étranger- une trace sous forme d’une brume intemporelle dans tout ce bleu ciel d’un jour d’été, à la corne de l’immeuble pointant au coin de la rue Mondétour ? sur le moment ça me fait rire. Maintenant j’apprécie combien nous étions près de la libération. La mère Alice et son Gaston –couple âgé sans enfants- nous avaient appelés, mon cousin Antoine et moi, les J3, du code des adolescents pour la carte d’alimentation, dans les années quarante. Et ils remplissaient nos assiettes en conséquence. De tout jeune j’étais à l’affût de reliefs que l’histoire laisse dans la mémoire des gens. Je me souviens avoir entendu parler d’un boucher qui pendant l’occupation organisait chaque jour, sur ce qui sert de parvis à Saint Eustache, une gigantesque soupe populaire avec ce qu’il pouvait récupérer de viande et de légumes. Il était aussi question du maître d’hôtel d’un prestigieux restaurant de la rue Rambuteau qui animait la résistance des ouvriers du lieu. J’aime l’histoire… elle m’exalte et parfois me met les larmes aux yeux.
PS : le carreau, sur le pavé, en plein air, où les marchands peuvent louer un emplacement.
Jean Baptiste 2月10日 HayayeayekuUn dernier petit haïku pour la route de nuit. Question à Rot Pier ? ai je bien compté ?
S’agitent les algues folles Depuis l’horizon la mer Rêves de matelots
Ne soyons pas chiches... un autre.
La rue, le soleil Deux enfants, main dans la main Des cris, pigeon vole. 2月6日 mini tranches de vie
Troisième volet de mon tryptique RENCONTRE PLEINE DE PROMESSES En ce temps là j’étais tout mèche blonde, yeux bleus et silhouette dansante ; et tout autant capable d’initiative. Je m’en étais ouvert à MM, taquine et discrète, avec laquelle nous partagions des confidences. Elle m’avait dit en souriant ‘tu es la statue de Condillac’. Et dans le même temps je préparais avec mes copains la grande manifestation annuelle qui ponctuait une année plutôt animée sur le plan des revendications. Et le premier mai arriva.
Place de la République, un jour de manif, chercher son groupe au milieu de tant de gens qui rient, chantent, se retrouvent après des années d’absence… c’est un moment ! je mis du temps à arriver au rendez vous sous la banderole, devant ‘La toile d’avion’. Et là, sous une autre banderole, à quelques mètres, chemisier blanc et jupe rouge… lequel de nous fut le plus gêné de nos cachotteries, en avons-nous discuté par la suite ? moment de gêne, bien sûr, et puis les appels des copains, les miens et les tiens, quelques prétendants… je les repérais tout de suite, les prétendants… j’aurais du me méfier, et puis… et puis… nous fîmes le trajet ensemble. Ton groupe était juste derrière le mien. Nous faisions frontière. Au copain qui demandait la relève pour la banderole je fis une mimique qu’il voulut bien comprendre. Nous avancions avec la foule, n’ouvrant la bouche, contrairement à nos habitudes, que pour sortir des billevesées… ou pour crier nos slogans d’une voix contrainte. Le défilé avançait, s’arrêtait, reprenait sa progression. J’avais une boule dans la gorge… ta voix avait du mal à passer.
A un arrêt du parcours je me plaçais devant toi en disant ‘pourquoi tu ne m’as pas…’ pendant que tu me disais ‘pourquoi tu ne m’as pas…’ et nous étions là comme deux idiots mais ta bouche était trop proche de la mienne alors il ne s’en fallut que d’un mouvement de quatre centimètres, à diviser par deux bien sûr. La jonction se fit, miraculeusement. Tes lèvres avaient un goût de fraise sauvage. Ton regard s’égara, après le baiser. J’avais l’impression de vaciller sur des jambes de flanelle. Nous fîmes le reste du trajet main dans la main, avec quelques arrêts bécots, toi serrée très fort tendrement dans mes bras. Nos voix étaient de nouveau assurées, teintées d’un écho d’émerveillement. Je marchais, d’un pas tranquille, au sein de cette belle foule me demandant comment assurer tout le reste, avec ce qui m’arrivait. Je n’avais jamais été si heureux et j’avais une trouille bleue.
Tant de choses à faire, qui me paraissaient impossibles… pour celles que j’entrevoyais du moins. On n’a pas été si impudemment insouciant pendant des années sans dégâts. Et puis voilà ! il y eut les manifs étudiantes, la grève, et prirent tant corps ces rêves que nous ignorions partager. Alors, ça meuble en attendant un appart, quelques petites choses urgentes et le reste. Il y eut des moments de piquâneries, bien sûr, des protestations et des cris. Combien t’ai-je dit de fois que si je ne t’avais pas rencontrée je ferais encore partie de la bienheureuse confrérie des célibataires ? mais la conviction manqua toujours. Parce que le reste vint, peu à peu, une chose après l’autre, le reste qui dure encore avec en plus des échanges de coups de bec et les bec à bec, des soirées entre copains, des soirées dancing, du cinéma, de la musique, du théâtre, du rugby main dans la main sur le canapé nos petits enfants pour qui tu es, et j’en suis garant, la plus jolie grand-mère du monde.
Jean Baptiste
Mots valises, ça vous dit quelque chose ? j'en ai placé un, perso dans mon texte. Le trouverez vous ? 2月4日 fines tranches de vieUNE RENCONTRE PLEINE DE PROMESSES : deuxième volet
Tu frissonnas, je rêvais de t’enfouir dans mon blazer. Tu sortis ta petite laine de ton sac, qui te gêna. Je t’aidais à passer ton gilet par-dessus tes épaules. J’appris dans la foulée que tu étais en quête d’une adresse, c’était sur mon chemin. Nous fîmes le trajet ensemble. J’achetais une revue musicale au passage… et tu n’aimais que ça… nous avions encore et encore à nous dire quand l’heure nous intima de nous quitter. Le chemin nous avait été léger, je m’étais senti flamboyant, j’étais fasciné par les sabots aériens que tu portais d’un pied leste. Nous nous reverrions pour le repas de midi. Suave matinée ! ma productivité habituelle s’en ressentit.
J’eus droit à des réflexions affectueuses. Mon niveau d’attention, en manque infécond, éclairait la sagacité de mes collègues féminines. J’étais encore une fois amoureux. Il n’était la veille question que du repas que je venais d’offrir à l’occasion de la clôture d’une amourette éteinte et j’étais déjà en quête d’un restaurant sympa pour inaugurer une autre encore à éclore. Mais je n’avais plus de sous.
Ton coup de téléphone mit en émoi la petite cour de mes collègues féminines, regards sombres et sourires entendus au passage, dans le couloir. Je flottais à quinze centimètres au dessus de la moquette. Le temps s’étirait en majesté importune. Le soleil par la fenêtre n’en finissait pas d’étirer des ombres sur le parquet. Et je me faisais un sang d’encre. Plus de sous. Il me fallait emprunter ou alors risquer le tout pour le tout. Un coup de téléphone plus tard et j’allais bouter le feu à mes bateaux. Sur le coup de minuit, je perdais l’équivalent de deux mois de traitement. Patience, sang froid, discipline, évaluation éclair, décision… à deux heures du matin… encore une fois le poker me fut favorable. Bien sûr tu ne sus rien de tout cela. Ce fut au ‘Commandeur’. Les jours passaient… ta parentèle parisienne t’invitait souvent, m’enlevant des moments de plus en plus attendus. Nous sommes allés au restaurant, au cinéma, au théâtre, au concert, à l’Alhambra… et un beau jour tu es arrivée à notre rendez vous avec deux places pour un match de fédérale deux à Massy Palaiseau. J’appris incidemment que tu étais une fanatique de rugby. Moi non plus je ne te disais pas tout. Je ne pouvais laisser tomber comme ça mes responsabilités de syndicaliste. J’assumais pleinement d’être joueur de poker et syndicaliste… mais il y avait une retenue dont j’avais du mal à identifier la cause ; et de cachotteries en soirées culturelles le temps passait et nos rencontres se succédaient en totale sagesse. Mon indécision croissait à l’aune de mon attrait pour toi. Confondant constat.
Je ne savais plus comment m’y prendre ! au bureau, les antennes de mes collègues féminines frémissaient. Leur sagacité s’exprimait en piques, propos sotto voce et sourires en coin. On faisait des commentaires sur un recueil des ‘Yeux d’Elsa’ qui trônait sur mon bureau… ces femmes, elles remarquent tout, et de tout font indice. M M me donnait au passage du ‘Comme à son premier rendez vous Un jeune homme qui me ressemble’ et moi, j’étais catastrophé. Je ne savais plus m’y prendre. Et le temps passait, et les grandes dates syndicales s’annonçaient. Avril passa ainsi, et mai arriva. Je t’avais prévenu que le premier mai, je serais absent. Tu m’avais répondu que de ton coté tu serais prise. 2月3日 Fines tranches de viepremier volet du tryptique 'une rencontre pleine de promesse'
Nous nous sommes rencontrés un jour de mars. Les arbres bourgeonnaient. Entre deux j’étais, entre deux états. Curiosité en éveil, certaine vivacité mais ça n’allait pas sans quelque énervement langoureux. J’étais jeune à l’époque. Ça doit être ça… j’étais jeune, et curieux, avide d’aventures possibles, attentif aux reflets sur les vitrines. Parce que tu fus d’abord reflet de fleur pistil blanc sur corolle rouge dans la vitre d’une porte ouverte de bistro. Tu devais avoir préjugé du temps… ciel bleu trompeur. Tu avais sans doute envie de printemps. Jupette joliment cadencée caressant les mollets ronds et blonds, pas de bas… vous portiez des bas à l’époque… et juste une petite laine qui apparaissait à l’ouverture du sac béant. La peau de tes bras nus était un peu hérissée par la fraîcheur et, à te voir, d’abord je frissonnais. Une mèche blonde disciplinée sans raideur barrait ton front au dessus de tes yeux d’azur. Une ligne ivoirine paraissait entre tes lèvres roses. Je captais immédiatement ton regard dans ton image. Frisson de bonheur, tu me souris. Le trottoir du boulevard était vide. Du comptoir où je venais de prendre place le barman m’agressait à propos du résultat d’un match de rugby de la veille et moi j’étais seulement attentif à l’ombre de ta silhouette envahissant le carrelage. Un clin d’œil ‘sous l’eau Fernand’ et le dit Fernand oublieux de ballon ovale et d’errances arbitrales trouva qu’un petit recoin à l’autre bout était douteux. Moi j’étais ravi de ma tenue. Je la jouais petit milord, pantalon gris cassé sur mocassins bordeaux à pompons, blazer neuf et col roulé blanc. Je me sentais resplendissant. Tu commandas un café… voix d’argent sonore teintée d’un accent qui fit chanter le lustre de cristal au dessus de la caisse, vibrer en désordre les alcools dans
les bouteilles. Un ange passa, respectueux de ce moment d’harmonie native. J’en jouissais en lorgnant dans le grand miroir, entre les rangées de bouteilles. La mèche blonde, les yeux bleus, les lèvres roses et un petit bout de langue par-dessus la ligne blanche des dents. Je bouillais d’énergie… je n’avais pas plus de force qu’un lapin écorché. J’étais fusée s’élançant vers ce soleil qui pointait des rayons dans le feuillage du grand platane… j’étais l’eau répandue en flaques par l’arroseuse municipale. J’interdisais à ma main de se porter inopinément à ma chevelure soigneusement lustrée et donnais l’ordre à mon visage de t’adresser un sourire propitiatoire à plus ample connaissance. J’évitais de trop carrer les épaules, il est des jeunes femmes inaccessibles aux charmes athlétiques. Croisement de regards dans la glace, tu ne te dérobas point. J’étais trop avisé pour y voir un encouragement définitif. Il n’était pas temps encor de t’offrir ton café ; je me retins. 1月29日 Pour ShashaDécouvrez Georges Guétary!
Ô cèbooo... dirait mon Elia -quatre ans- et simple en apparence... la chantent 'les compagnons de la chanson', 'yves montand' et bien sûr je t'ai choisi Georges Guétary. IL a toujours été du coté du manche, ce cher Georges. Rien à voir ? Je noterais quand même que la référence naturaliste est entâchée d'un coté quelque peu fabriqué. Quasiment irréel, voire surréaliste, pour peu que l'humour existe.
Comme moi tu préfères 'Sympathique' plus complexe quant au texte. et pourquoi ? et puis je fume distance qui lie le tout. Est ce ce qui m'attire ? le droit du pourquoi. Toujours 'pourquoi ?' en continu; ou alors ne parlons pas d'âme d'enfant. Amizii JB
1月2日 Pour ranimer vos synapses engourdies par le champagneDeux hommes se croisent. Le plus âgé dit à l'autre :
- J'ai deux fois l'âge que vous aviez quand j'avais l'âge que vous avez. Quand vous aurez mon âge, nous aurons ensemble soixante trois ans. Quel âge avons nous l'un et l'autre ?
Méchant, hein ? l'histoire ne dit pas si elle s'est terminée dans une voiture de police secours. Allez ! à vos neurones ! JB 12月29日 Jeu de motsPetit jeu casse tête
Vous avez été quelques uns à avouer quelque curiosité pour un monstre de concept
Le mot-valise
comme si le simple mot à lui tout seul, dans toutes les complextités des acceptions, des interprétations, ne suffisait pas à égarer le pauvre maniaque du discours.
Flo cerise mérite une mention spéciale pour s'être approchée du sens général d'engropologie : sience humaine qui s'attache à l'étude des généralité. J'ai livré le sens d'embryoche dans un précédent commentaire. Pierre ne peut faire autrement que de se laisser aller à sa fantaisie créatrice -peut importe les règles si on crée, n'est ce pas. Cbolavie et Flo ont une intuition remarquable. Ainsi à l'heure actuelle seul espoire résiste encore. Il est donc temps que j'abonde.
Amusez vous avec abasourdine, abdomino et crignasse. Allez, haut les coeurs. Vous avez de quoi faire. Si ça surchauffe, je recommande la lingette humide. JB 12月27日 Jeux de motsPetit jeu casse tête
Connaissez vous les mots valises ?
Leur création est une exaltante occupation qui consiste en associant deux mots à en créer un nouveau et à lui donner sa définition. Très difficile... je vous propose donc l'opération inverse. Puisque je dispose d'un recueil de mots valises pourquoi, en attendant le réveillon, ne pas s'amuser, à partir d'un mot valise à trouver ses composants et à en donner la définition approchée . Pour vous faciliter la tâche, je vous donne un exemple :
SALOPARE : animal qui use pour se reproduire de méthodes peu ragoûtantes... le pornythorinque est un salopare... voilà... le ton est donné. Alors si ce petit jeu de mots vous intéresse, donnez moi une définition pour engropologie, embryoche ou espoire.
Ce petit jeu n'est pas primé... tout au plus aurez vous la satisfaction d'avoir vérifié que tout est en état de marche et peut être de vous être amusés. Les plus performants se lanceront peut être dans la composition de mots valises nouveaux. Je me suis bien gardé d'essayer. Bien à vous. Jean Baptiste
PS : solution après réception d'un nombre significatif de langues au chat. 12月26日 Noël, réminiscences après la fêteLe sapin vert, les guirlandes, les petites lumières Clignotantes qui teintent de rouge par intermittence La joue de Lila, là, juste à ce coin tendre Entre pommette et nez où poser les baisers. Lèvres remuant et air extatique, elle chantonne ‘Petit papa Noël’ Pendant qu’Elia enfouie sous les papiers s’affaire après un paquet Puis en saisit un autre, et déchire, pousse des cris de joie d’étonnement. Pendant ce temps Christiane enlève au fur et à mesure Les paquets découverts et les papiers en lambeaux Pour que les petites s’y retrouvent, dans l’amas où elles disparaissent. Leur père s’affaire à la cuisine, Emmanuelle met le couvert Et moi, piles LR6 en main… mais où et comment les placer ? Je demande in petto une remise à niveau de grand père high tech Et me verse en attendant une coupe du champagne encore frais. Puis c’est le repas… les a parte et les grandes discussions… Les complicités de musiciens entre Kolinka et Bri Bri Les attentions de mon épouse, qui sourcille parfois La bouteille est presque vide, ce n’est pas raison… Plus tard nous coucherons les petites Je m’attarderai sur leur sommeil, engrangeant… Tendre et naïve expression d’enfants endormis Ligne des cils bordant tendrement en arc de cercle la peau de pèche à carnation angélique, la pommette suavement modelée, Vision à garder sans mesure, sans fin, le temps passe si vite.
Jean Baptiste
12月19日 Faux sensJe suis déçu ; j'ai l'impression que mes envois de vidéo n'ont pas passé le cyberspace. J'ai plongé dans l'ordinateur de ma fille et je n'en ai pas trouvé trace. Bon... passons à autre chose, pour sourire.
J’étais en retard et de plus, avec cette circulation, j’avais choisi de laisser ma Dauphine –je vous parle d’un temps où nombre de voitures avaient un moteur à l’arrière- dans Clichy même. Autant vous dire que vu l’urgence je cavalais. Mes pieds touchaient à peine le sol, ma tête était pleine occupée par l’urgence et de la distance, une bonne moitié de la rue Marthe puis toute la porte à la sortie du périph et encore un morceau de l’avenue de Clichy, alors je cavalais, je cavalais, je cavalais sur le trottoir, Porte de Clichy… un hectare de désert, trois lumignons pour révéler des vastitudes obscures et le Tac Tac Toc Tac Toc Tac Tac Toc Tac, rythme léger et entraînant dont je suis à peine conscient devant moi une silhouette mince et élégante cavalait, cavalait, cavalait… et je me disais elle doit être pressée aussi la jeune dame et ça m’amusait parce que ça faisait comme une compétition entre cette jeune dame et moi alors je cavalais je cavalais je cavalais et la jeune femme quatre pas devant moi cavalait cavalait cavalait et ça durait depuis un moment elle devant moi, talons hauts Tac Tac Tac moi à quatre pas derrière, plus grave Toc Toc Toc et à deux ça donnait Tac Tac Toc Tac Toc Tac Tac Toc Tac Tac dans la presque obscurité et il aurait fallu que je coure pour la rattraper mais nous arrivions à l’entrée de l’avenue avec ses flâneurs de bistrot à l’heure de l’apéro et je me dis ‘quand même’ parce que l’allure de la jeune femme s’effondra… en fait elle alla même jusqu’à s’arrêter, la jeune femme, et profita du moment pour me lancer un regard meurtrier… alors qu’insensible je continuais mon vol vers une autre jeune femme blonde et mince, prêt au baiser en disant ‘Christiane’ qui m’attendait à l’entrée du métro ‘qu’est ce qui t’est arrivé je croyais que tu n’arriverais jamais’ et moi de dire ce qu’il en était tout en pensant ‘ouf…. arrivé…’ parce que ne pas être à l’heure un jour comme ça –vous pensez vous, poser un lapin un jour comme ça, ma première chose sérieuse en trente ans de vie - avec les parents de ma douce qui nous attendaient pour leur annoncer que leur tendre Christiane allait abandonner le domicile parental pour vivre avec un trentenaire corse de surcroît et mariage en perspective ? sérieusement vous le pensez vous ? je serrais donc ma douce dans mes bras avec des paroles que vous imaginez mais au passage je saisis le regard de la jeune dame brune qui avait repris sa marche, un regard avec un sourire et là je compris… non mais quel c... mais étais je en état de supposer que cette jeune femme… en compétition dans l’obscurité et dans un morne espace désert éclairé dramatiquement par trois lampes en toc et derrière elle, la poursuivant, un homme en bonne condition physique cenquatrevingt centimètres et pas mal de kilos ??? que pouvait elle penser ??? |
|
|