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3月10日 En avant la musique1月25日 Clair obscurDécouvrez Yves Montand!
La fenêtre fermée au soleil d’été Dehors la chaleur Dedans la langueur. Un peu de poussière en suspension Dans un rai de lumière. Je devine ton reflet dans la psyché Luisant doucement sur ta nuque ombrée L’agrafe, le fermoir, le collier. C’est une étrange et violente douceur Ce qui palpite dans mes doigts sur mes lèvres Pour ces cheveux follets sur la peau satinée Pour le galbe de ta hanche sous la robe violine. Ce mouvement libre et plein Immobile délié Le défaire de mes mains ? Te retournerais tu vers moi Bassin offert ? Ça pulse dur en mon tréfonds ; Retourne toi pour me consumer, Par ton œil soutenant cette ivresse Si vite allumée de mon regard Dans ton regard trop tôt dissipée.
Jean Baptiste
1月16日 Le temps d'apprendre à vivre
Le temps m’espère Se déroulant Dans sa paresseuse langueur D’un gouffre Vers un abîme D’anneau en anneau En chaque longue seconde Vers quelque à venir A peine advenu il sera à plier Drap idéal sur l’étagère D’une armoire étherienne Est-ce éternité que ce temps Si lent Si bref Qui a fui Dès le coup de sifflet Déjà ? Fini ? Le temps m’exaspère.
Jean Baptiste
1月9日 Quatrain à l'usage des jeunes amantsQue sussure-t-il dans l'ombre ? quelle lourde et insinuante parole ? son visage surgit d'un fond massif de palais lugubres. Elle écoute... carnation lumineuse sur fond de ciel tourmenté. Elle écoute... qu'entend elle ?
Vous m’aimez ? vous m’aimez dites vous… Mais votre amour m’est promesse de cage ! Et moi… je le veux chant du rossignol... Le vol même du milan.
Jean Baptiste 1月2日 Chanson pour passer le tempsLe tableau est de Bernard Noël
Dans mon oreille sonne un vieil air Trois temps de tango Ma main sur la rampe Mes doigts sur le lisse du bois glissent Une mèche de cheveux s’anime Par un souffle empressé Une moustache frémit Une carnation s’émeut Monte une odeur de vanille Dans mon oreille sonne un vieil air Trois temps de tango.
Jean Baptiste 11月28日 MystèreLe tableau est de Bernard Noël. Il l'lavait intitulé 'Atterrisage'. Je ne vois pas de difficulté à le tisser avec mon 'Mystère'.
Mystère Est il celui que l’on voit passer Tragique et importun, Flottement de vapeur dans la plaine blanche ? Sillage effacé du bateau ? Encore un mystère Enclos sous le masque du visage Ce regard d’or pâli Reflet d’yeux sur la vitrine givrée. C’est toujours un mystère Le profil blême dans l’ombre La fêlure glacée La fenêtre qui bat La fumée dispersée La quête de l’enfant A l’adulte devenu. Mystère Essentiel A jamais seule certitude Que chacun mène à sa fin Là où il réside en majesté En immobile et froide sérénité.
Jean Baptiste 11月18日 La ruelleDe mon ami Bernard Noël ce tableau 'Ruelle' que j'ai tressé avec un petit texte de moi. JB
Ruelle Dans l’obscurité de la voûte aveugle. Jarre portée sur la tête, Silhouette ombre ondoyant Sur l’ombre du porche ? Les lieux sont encore enchantés.
Jean Baptiste 11月14日 Jeunes gens qui riez dans les coins sombres...
Nos années cinquante, en bande, impatients et novices Devisant par les ruelles de ces idées qui détonnent A ce tendre âge. Alex inspiré jouait ‘sixteen tons’ L’harmonica au son languide faisait, complice Vivement se retourner de ci de là une tête Aussitôt détournée.
On s’informait on faisait des paris Inquiets d’une guitare enflammée qui filait du Ferré ‘C’est Linda je te dis’ ‘mais non mais non c’est Lisabè.’ Jean Baptiste là haut préparait le ‘Paradis’ Dans la glacière les limonades fraîchissaient On cassait des glaçons pour le whisky.
Sages et un peu fous semant des pétards Sous les jupes des filles vite effarouchées Pendant ce temps l’heure s’approchait On criait on chantait c’était dans nos têtes grand bazar D’aller danser. Là haut déjà le pavillon du vieux phono Couinait un tango familier.
Les frères aînés patrouillaient impavides Les jeunes sœurs devant le petit local passaient Où la musique lancinante les désespérait Elles passaient lançant des regards avides Lorgnant la petite piste et leurs compagnes A un cavalier enlacées
Nous étions jeunes et tendres pas toujours acceptés Aux plaisirs de la danse. Plus âgées les belles Fréquemment nous refusaient. Alors agitant nos mèches rebelles Nous partions faire aux pierres une cour désespérée Chantant et criant par les sentiers notre dépit Et nos désirs indécis,
Nous suivions l’harmonica vers la fontaine sous la voûte Que la lune à son plein d’argent éblouissait Là dans l’ombre, un rock endiablé, pour un petit moment sans doute Un peu hautaines quelques filles pour un moment s’asseyaient Gageure, d’ y mettre fin dans cette obscurité si propice A nos tendres et naïfs propos. .
Parfois le vieux figuier laissait choir un fruit mûr Tôt ramassé pour telle ou telle autre désirée Inquiète d’une main sur la pierre abandonnée Une autre main souvent s’égarait sur la crête du mur L’air de la nuit d’août était riche d’odeurs des moûts Promis et de sentiments exaltés.
Puis un couple en quête d’un lieu isolé Passait. On supposait de tendres confidences Il était temps pour les filles de tirer révérence Alors nous les laissions partir, dépités. Plus tard plus tard pensions nous plus tard Je serai…
Et nous reprenions nos éclats anodins Entretenant dans l’ombre un furtif chamaillis Une rumeur douce à rêver de temps infinis Demain demain jurions nous je serai… demain… Pour cette image en tête d’une fine main sur le muret alanguie. Demain demain je saurais, demain !
L’heure passait, s’éteignaient les lumières, la cantilène De l’accordéon s’était essoufflée une fois encor Il me semblait voir passer sur le sentier une ombre, poussière d’or Et je me chantais les vers de la belle de Mytilène Ce qui en mémoire du moins m’en restait Si peu m’en restait
Ces deux là même que je redis ici, l’incipit et la fin. ‘Jeunes gens qui riez dans les coins sombres… tout ce dont j’ai vécu et dont il faudra que je meure’ Tant d’obstacles nous séparent belle Sapho Et par delà les siècles le plus fort nous rassemble A l’infini des temps passés et à venir.
Jean Baptiste 11月11日 Nos vertes années à Khouribga
Cher moi
Envoie moi une lettre de ce passé
Un dessin précis comme un peigne
Une odeur de faux poivrier
Une goût de datte jamais mûrie
Ce kiosque et cette poste
Ce bistrot anis et cumins mêlés
Et cette stridence de violon andalous
Il flotte tant d’ombres sur
Cette place toute entière d’émois saturée
Chantez chantez enfants
Jouez des trilles de vos chants
Baume acide comme un citron
Et doux comme les cerises du jardin du curé
Sur mes souvenirs des jours passés
Passés à chanter et jouer
Si près sur la place là
Et si loin de ce temps où je paradais
Où son regard me révélait me fusillait
Dans les rues passaient riaient
Ont passé on ri ces gens témoins indifférents
Ce sont autant de
Mystères d’une vie qui a tourné
Une heure un jour une semaine
Un instant une éternité
Nous sommes humains par le temps accablés
Sur nos passés crucifiés
Alors renvoie moi dans ce temps révolu
Chargé de visages ombrés de cheveux
Te souvient il de nos chevelures
Si soignées lustrées ?
Renvoie moi dans ce passé
Chargé de voix plus jamais entendues
De noms plus jamais prononcés
Renvoie moi dans ce passé
Pour me ramener là d’où je ne suis jamais tout à fait parti
Lieux et temps confondus
Et qu’ainsi comme toutes finisse ma chanson
A toutes égale
Et à moi destinée.
Jean Baptiste
11月10日 La parole en otage
De Lélie, ma camarade de classe dans les années cinquante à Khouribga, Maroc, cette acquarelle qu'elle m'a autorisée à tresser avec un petit texte de moi.
Colombe à l’aile brisée La parole cède au silence. Là, braise sous la cendre, Elle couvera,vivace. Vérité des jours à venir Elle prendra pour nom liberté.
Jean Baptiste 11月7日 Désir
De l’enfance Condamnés à humilité Face à la houle des sentiments La poésie vraie parle la chair Que pouvons nous avec nos maigres mots Au premier regard se trouble le miroir Au premier pas reculent les lignes Don Quijote le sut à sa fin Paladin en périple de lui même Le héros éprouva le zénith du doigt On lui dit le plein Il pénétra le vide Et mourut Fou de sagesse, à la bouche les paroles de nos contingences Brûler en vanité c’est mourir Ne sommes nous pour nous mêmes des territoires incertains Où nous errons, volubiles, Arpentant A la lueur de nos faibles sentences Les voies obscures de nos volatiles libertés Sur le rythme des zézaiements d’un métronome mou. Jean Baptiste? |
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